Wild Wild West

J’ai hésité longuement avant de te raconter mes fantastiques vacances, je ne voulais pas paraître désagréable et étaler le bonheur complet de ces incroyables 3 semaines sur les immenses routes de l’Ouest americain, alors que toi tu as zoné entre un Var surpeuplé et des Bouches du Rhône polluées, quand tu n’as pas eu a arpenter une Vallée du Rhône congestionnée…

Alors, oui, parlons de moi, tu vas voir, ca va te réchauffer, parce que je sais que tu as sorti ta petite laine ces derniers jours et que tu as commencé à regarder la couette (que tu avais rangée à la fin de l’hiver, le 15 juin…) d’un air de bravade…

Installe-toi dans ton fauteuil, avec ton plaid et ta tisane, je vais te faire rêver un peu…

Tout a commencé au mois de juin…

On a decidé de mettre la barre à l’Ouest, vers les grands espaces, vers les grands parcs, les longues routes au milieu du désert et les splendides paysages sauvages à perte de vue…
On partait de Dallas avec le Toy, le veau à 8 places, avec dans la ligne de mire, Las Vegas, pour le plus grand plaisir de tous (oui oui, c’est ironique, sois patient, on va y revenir)…

Nous étions prêts, ou nous croyions l’être jusqu’à ce qu’une amie américaine habituée de ce genre de périple, me demande à l’oreille d’un air entendu: « Vous avez une arme! »
Lui avouant que non, je notais en mon for intérieur, sur la liste des trucs à ne pas oublier, entre le dentifrice et le doliprane: « acheter une arme ».
Je crois que c’est à ce moment-là que j’ai fait une croix définitive sur le camping sauvage, surtout quand elle a rajouté en montrant du doigt sur la carte: « Ici et ici, c’est pourri de serpents à sonnettes »…

Nous avons donc levé l’ancre au petit matin, en direction d’Albuquerque, au Nouveau Mexique; après 12 heures de route, nous avons débarqué dans un camping balayé par un vent brûlant, où le ciel était obscurci par la fumée des incendies, où le sable et la poussière se disputaient pour tourbillonner dans les allées, et où une piscine tiède recouverte d’une nappe d’huile nous tendait les bras…

Pour une première halte, c’était parfait: nous n’avons même pas déplié la tente et nous sommes partis à l’aube, pour ma part en me promettant de ne jamais remettre les pieds dans cet endroit, quoiqu’il nous ait offert la première rencontre sauvage de notre périple:

un roadrunner, ou géocoucou, Bip-Bip quoi!!!

A midi, nous sommes entrés dans Gallup, petite ville traversée par la Route 66, bordée de motels et de diners et dont l’intérêt principal est de centraliser la vente des bijoux indiens… et de voir passer tous les 10 minutes des convois de centaines de wagons sur la voie ferrée qui longent la rue principale…

Ca m’ennuie un peu de l’avouer mais on a un peu visité le Canyon de Chelly au pas de charge… je m’explique: j’avais organisé le programme des vacances et le coucher du soleil m’attendait pour le soir même au-dessus de… Monument Valley… et je l’attendais avec une grande impatience…
Et puis mes 3 premières photos sont quand même pas terribles, et tu vas finir par te lasser et aller te coucher avec les pieds froids.
Alors, bon, le Canyon de Chelly, tu prononces « di chay » pour montrer que oui, tu l’as vu et tu as lu le panneau:

 Dans mon esprit ne pourra JAMAIS rivaliser avec CA:

Le top du coucher de soleil, tellement grandiose, que tu te demandes si ce n’est pas un décor posé là derrière toi… ben, non, tu y es, c’est toi qui es rentré dans le décor, celui des vieux westerns que tu regardais le mardi soir avec Eddy sur fr3…

C’est tellement beau et tellement imposant et inattendu, que nous sommes restés jusqu’au dernier moment… jusqu’à ce que la pénombre nous déloge…

Je crois que c’est le moment opportun pour un intermède culturel malgré ton attention vacillante. Alors, du coup je vais tenter de la faire courte parce qu’il faut bien expliquer pourquoi l’Ouest américain est si riche de paysages hors du commun.
Il y a fort longtemps, genre super longtemps, avant Grey’s Anatomy, tout cet immense plateau du Colorado:

qui représente environ 400 000 km2 et court sous 4 états (Utah, Colorado, Nouveau Mexique et Arizona) étaient submergés par les eaux. Au cours du temps, tu te doutes que ça s’est pas fait en 3 jours, le plateau s’est soulevé, et l’eau a modifié le relief en créant des fleuves, des lacs et en creusant des canyons…
Mon explication est simpliste mais d’un autre côté je ne crois pas que mon blog soit la ressource principale des géologues et j’ai un lectorat à tenir en haleine, moi…
Car mon histoire de Monument Valley pourrait s’arrêter là mais, je vais tenter un cliffhanger (si tu regardes des séries, comme moi, ce qui explique aussi que tu ne sois pas géologue, tu sais que le cliffhanger, c’est retenir le spectateur dans un suspense insoutenable jusqu’au prochain épisode…).

Regarder le coucher de soleil était très-très enthousiasmant, mais on commençait à avoir un peu faim, et moi quand j’ai faim je deviens rapidement chonchon…
On a donc attrapé la Bible des causes perdues, le Routard, et découvert que pour le coup, c’était sacrément mal engagé:
Pas un troquet ouvert après 9h à Kayenta, le patelin en question.
Tout était en effet fermé, sauf un horrible bouge dont je taierai le nom… sauf que c’est un film des années 80 et que Lambert et Adjani s’y promènent dans le métro… (oups! en aurais-je trop dit?)
Bref, nous avons poussé la porte et là, j’ai cru que la guerre bactériologique avait éclaté en notre absence…On a tenté de se substenter avec quelques chips, on avait quand même 2h de route pour rallier notre motel. Si tu nous connais bien, tu sais qu’un trajet de 2h nous en prend 4, parce qu’on aime bien regarder les lapins qui détalent sur les bords de route, prendre des photos de la flore et aussi j’ai une vessie grosse comme un sachet de thé et on a 2 enfants…
J’ai donc peu mangé et bien m’en a pris, car en plein désert d’Arizona, par un soir sans Lune, sans éclairage public, et pas de patelin à traverser… sur une route dont on ne devinait que ce qui se présentait dans la lumière des phares, c’est à dire pas grand chose, mon estomac faisait littéralement des noeuds.
Tu veux savoir si nous nous en sommes sortis? et où nous sommes arrivés?
Ca ne tient qu’à toi de le découvrir…



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