« Les Charlestoniens ne transpirent jamais. Il leur arrive de distiller de la rosée comme un massif d’hortensias. » Pat Conroy

Il a bien fallu se résigner à quitter la Géorgie.
Alors on a quand même profité d’une dernière baignade, sur la plage déserte, à marée basse, dans une eau à 25°C, puis on a définitivement tourné le dos à Hunting Island avec un regard un peu triste, comme le Bambi qui nous attendait à l’entrée…

Prochaine halte, le camping de Mount Pleasant:

Des familles étaient déjà installées. Leurs voitures immatriculées en Caroline du Nord ou de l’intérieur des terres, elles venaient pour pêcher, au bord du lac du camping, les poissons-chats ou les tortues d’eau qui flottaient nonchalamment en face des tentes.
C’est lorsque la tente a été solidement installée que M. Alligator s’est manifesté…

Dormir allait demander un peu plus que du sommeil!
Comme nous, il allait faire un tour pour manger un bout.

Charleston est située à environ 170 km au nord de Savannah, en Caroline du Sud, sur une péninsule, bordée par la Ashley River d’un côté et la Cooper River de l’autre, elle fait face à l’Océan Atlantique.
Berceau du style de vie sudiste, elle respire la sérénité et l’élégance.

On a pris beaucoup de plaisir à se perdre dans les rues de la ville, découvrant avec émerveillement des maisons majestueuses, des cours intérieures fleuries et secrètes, de nombreuses églises et surtout la Battery, la rue baignée par le Charleston Harbor, où les maisons les plus emblématiques de la ville sont alignées.

Charleston a été fondée par les anglais qui lui ont attribué le nom de leur roi, Charles Town, au 17ème siècle. Il s’agit alors d’un important comptoir qui voit transiter le rhum, le sucre, mais surtout devient l’une des plaques tournantes du commerce des esclaves. Le riz, puis le coton demandent une main d’oeuvre énorme. Les plantations sont immenses, les bras, nécessaires aux cultures.

Magnolia Plantation, où vivait le révérend Drayton, qui allant à l’encontre des lois de Caroline du Sud, éduquait ses esclaves dans une petite école attenante à la maison des maîtres.

La Caroline du Sud est le premier état à faire sécession en 1860, après l’élection de Lincoln qui est opposé à l’esclavage. C’est aussi de Charleston que l’on tire le premier boulet de canon en 1861. La guerre de Sécession éclate suite au bombardement de Fort Sumter, aux mains de l’Union.

Les maisons, dans les rues de Charleston, se présentent de profil. La porte d’entrée est située la plupart du temps dans l’alignement de la terrasse. Cela s’explique par le montant de la taxe d’habitation qui était autrefois calculée sur la largeur de la maison. Mieux valait donc construire en profondeur et non pas face à la rue.

Point de vue des filles sur Charleston:

Le clou de notre visite a sans doute été la balade en bateau dans Charleston Harbor. Une régate avait lieu devant la Battery, on a aperçu des plages de sable blanc désertes, Fort Sumter et Fort Moultrie, et des dauphins qui s’ébattaient dans la baie.

La Battery

Fort Sumter

Point de vue des garçons sur Charleston:

Le clou de notre visite a sans aucun doute été la visite du porte avions USS Yorktown à Patriots Point.

 Dans les deux cas, on a du endurer la chaleur et le soleil et si il y a bien une chose de sûre, c’est qu’on a sacrément distillé ce jour-là et c’était pas de la rosée.

Lors de notre visite dans le marché de Charleston, nous avons découvert une tradition ancestrale, les « sweetgrass baskets » (paniers tressés en jonc, palmes et aiguilles de pin).
Lorsque les habitants d’Afrique de l’Ouest étaient capturés puis arrachés à leur continent, ils n’avaient que leurs traditions et leur cultures comme bagages. Dans les plantations des Lowlands, les Basses Terres de Caroline du Sud, le riz était la culture prédominante avant d’être supplantée par la culture du coton.
Les esclaves originaires d’Afrique de l’Ouest connaissaient la culture du riz et étaient donc recherchés pour leur compétence dans les marchés aux esclaves des Basses Terres.
La plupart se doutait qu’ils ne reverraient plus jamais leur pays, ils emportaient donc avec eux leurs souvenirs et quelquefois, cachés dans leurs vêtements, des petits objets, tels que ces paniers. Objets traditionnels africains de la culture du riz, ils ont donc traversé l’Atlantique et sont apparus à la fin du 17ème siècle en Caroline du Sud.
Les paniers sont tressés en jonc et en palmier, des plantes qui poussent sur les côtes de Caroline du Sud, comme un signe que Dieu leur envoyait, expliquent les descendants de ces esclaves. La dame qui a tissé le nôtre a appris à tisser avec sa grand-mère quand elle était petite, comme la plupart de ces artistes. Il n’y a pas deux paniers identiques. C’est un art qui se transmet de génération en génération et les garçons comme les filles apprennent à tisser les paniers.

On en avait donc fini avec la Caroline du Sud.
Nous allions remonter vers Ashville en Caroline du Nord, direction Chimney Rock et les grandioses paysages du Dernier des Mohicans.



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