Plus trash que Fifty Shades of Grey

Indiana Jones et le Temple Maudit.

Oui, deux sollicitations cinématographiques successives, je sais que tu peux le faire. Tu vas voir où je veux en venir.
Visualise la scène où la blonde évaporée vêtue d’un déshabillé en soie saumon, emprunte un couloir sombre et plutôt inquiétant, jonché de cafards, cancrelats et autres insectes grouillants et rampants et déclare: 
« Je sens que je vais encore me cochonner! »
Oui, crois-moi je te donne cinq petites minutes pour te sentir cochonné, toi aussi.
Ni corde, ni martinet, ni fouet, ici tu pénètres dans le Fifty Shades du roadtrip. Je vais te parler de chambres d’hôtels, de draps froissés et de lits défaits, la différence avec l’événement cochon planétaire de la St Valentin 2015, c’est qu’avec moi, tu vas regretter les détails… 
Je te donne moins de dix secondes pour commencer à te gratter.
Tics, puces, moustiques, punaises, je vais te raconter qui sont ces cancrelats assoiffés de sang qui courent dans nos lits d’hôtel à la nuit tombée. Maintenant que tu me sais capable d’amputer une mouche à quinze mètres avec mon 9mm, bon grosso merdo hein, tu vas apprendre que je me laisse finalement déborder par infiniment plus petit que moi.
Toi, qui comme moi souffres de ce besoin irrépressible, à l’hôtel, d’ouvrir les draps sauvagement, du revers de la main, histoire de surprendre un poil, un cheveu ou un parasite ne t’appartenant pas, tranquillement lové, au chaud, au milieu du lit, sache que ça ne sert à rien contre les punaises de lit. 
Enfin si. Si tu veux les éradiquer en les faisant mourir de rire.
La punaise de lit, car c’est bien d’elle que nous allons disserter aujourd’hui, ou bedbug en anglais, est un petit parasite timide qui ne sort qu’à la nuit tombée. Elle aime te surprendre dans ton sommeil. Elle a la politesse de s’attaquer à n’importe quel hôtel, de façon très démocratique, du palace à l’Auberge du Torchon Sale. Elle adore voyager et se glissera avec affection dans tes bagages pour te suivre au chaud dans ton logis. 
Elle niche, avec ses copains, copines, famille et enfants dans les boiseries des lits, dans les plinthes, dans les recoins des matelas à l’abri de la lumière. C’est avec un enthousiasme débordant qu’elle se reproduit, la cochonne, puisque cette fornicatrice peut produire jusqu’à quinze oeufs par jour. 
Oui, c’est un grand bonheur que de croiser sa route. J’en ai beaucoup appris sur moi grâce à elle. Par exemple, je sais maintenant que je préfère dormir sous une tente surveillée par un alligator que dans une chambre prise d’assaut par des punaises.
Je suis beaucoup plus hystérique. 
Surtout qu’à la première rencontre, finalement, c’est comme pour tout, tu ne sais pas vraiment qui est en face de toi. Son gros ventre tendu et bombé de 5mm te met quand même la puce à l’oreille, passe-moi l’expression. Et puis, quand assailli par un doute angoissant, tu te décides à éradiquer la nouvelle venue sur les post-it gracieusement fournis avec les punaises de lit dans la chambre, tu n’es finalement pas très surpris que le résultat t’indique que, oui, la bête a déjà sucoté l’hémoglobine du visiteur précédent…
Je vais passer sous silence le branle-bas de combat affolé qui a suivi, ainsi que la découverte qu’elle n’avait pas hésité à appeler quelques copines, pour une petite soirée pyjama… 
Nous avons fini la nuit dans une autre chambre, à un autre étage, pas vraiment sereins, mais surtout vierges de toute piqûre…
Nous avons décampé super rapidement au petit matin, bien décidés à planter la tente et à dormir au mieux dans nos matelas et au pire dans nos acariens…
Mais bon, ça c’est ce que l’on croyait.


1 thought on “Plus trash que Fifty Shades of Grey”

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *