Austin, Houston, le Capitole, des lois, des armes et des morts…

Pour la première fois nous sommes allés visiter LA capitale du Texas, Austin.
Pour moi Austin, quand j’étais petite, c’était le nom de famille de Steve, le cosmonaute borgne un peu bling bling des années 80. Quelle découverte donc d’apprendre qu’il s’agit surtout de la capitale du Texas.
Comme tu le sais depuis que j’ai potassé l’Histoire du Texas, je suis intarissable sur le sujet, et en plus je suis bavarde.
Tu as ma permission pour sauter directement au prochain paragraphe si tu ne veux vraiment pas te cultiver un peu et briller en société…

En 1836, le Texas proclame son indépendance suite à la guerre contre Santa Anna, que je t’ai déjà raconté . Le premier président élu est Sam Houston.

Sam

A la maison, on l’aime bien.
Sam a passé beaucoup de temps dans une tribu Cherokee dans le Tennessee, il a appris la langue et a même été adopté par le chef de la tribu.
Il est le seul gouverneur d’un futur état confédéré à rejeter la proposition de faire sécession.
Autre chose, Sam ne suce pas que des glaçons et ça n’a pas toujours joué en sa faveur…
Bref, il décide d’installer la capitale à Houston, (on n’est jamais si bien servi que par soi-même) alors que l’emplacement n’est pas très judicieux. La ville est près de la mer, et les moustiques pullulent dans les marais, et qui dit moustiques dit maladies…

Sam ne peut se présenter pour un 2 ème mandat, c’est Lamar qui prend sa place (celui-là a beaucoup moins nos faveurs) et ce dernier s’empresse de déplacer la capitale, Houston, vers Austin du nom de Stephen Austin, héros texan, le Père du Texas. Austin est situé près des territoires indiens et est difficile à réapprovisionner.
Ça devait aussi clairement lui arracher la bouche, à Lamar, de dire « Chérie, je vais à Houston pour le week end. ». Sinon, sa politique concernant les Indiens est claire: au moins il y en a, au mieux il se porte…
En attendant, la dette du pays est colossale, les guerres enfoncent la petite République. Lamar, ne fait rien pour l’endiguer. Outre se débarrasser des Indiens, il soutient l’indépendance du Texas contre vents et marées et l’expansion du Texas vers l’Ouest…

Sam est finalement réélu après Lamar, il affirme que le Texas, noyé dans les dettes, ne peut pas s’en sortir seul et doit rallier les Etats-Unis.
Il va aussi bêtement tenter de ramener la capitale à Houston…
Les Comanches ont attaqué à plusieurs reprises Austin et les fervents défenseur de Houston pour capitale s’en servent pour stimuler l’opinion.
En 1842, après une brêve incursion des Mexicains en territoire Texan, Houston va saisir l’opportunité et faire charger toutes les archives dans des chariots pour les ramener à Houston, au nez du congrès qui a clairement statué contre!
Toutes les archives sont sur le départ, lorsqu’ Angelina Eberly, une habitante d’Austin avec un tempérament de feu, sort de chez elle et se dirige vers un canon placé non loin de là et tire à plusieurs reprises sur les hommes de Sam, en train de déménager!
Les hommes de Houston s’enfuient et les archives sont installées définitivement à Austin…

Donc Austin, est la capitale du Texas, et aujourd’hui, crois-moi, on peut y aller pour le week end, sereins et décontractés, la seule chose qui puisse t’arriver, c’est un coup de soleil!

La façade du Capitole orné des 6 drapeaux ayant flotté sur le Texas

L’Histoire du Texas en sculpture

Vu d’en haut, sous la coupole, les 6 drapeaux, tu les reconnais tous?
La France (les fleurs de lys), l’Espagne. la République du Texas, les Etats Confédérés d’Amérique et les Etats Unis.

Le capitole est superbe et mérite le détour. On l’a visité un dimanche et surprise!

Les sénateurs étaient en pleine session, accompagnés pour certains de leurs rejetons endimanchés en train de dessiner ou pianoter sur leurs tablettes.
La question débattue va te faire dresser les cheveux sur la tête puisqu’ils discutaient de passer une loi permettant de porter des armes sur les campus.
Les panneaux d’affichage sur les côtés portent le nom des sénateurs et permettent le comptage des votes.
Tu seras enchanté d’apprendre que la majorité a voté oui et que dorénavant, les élèves et les profs pourront se rendre en cours, armés, pour pouvoir se défendre au cas ou un fou dangereux ferait irruption. Evidemment, il est tout à fait improbable et ridicule d’imaginer qu’un prof en plein burn out, un élève revanchard mal noté ou le coeur brisé par sa chérie en profite pour décharger son arme automatique en plein cours…

Il y a deux jours, un fou a ouvert le feu dans une église de Charleston, une jolie ville de Caroline du sud, que nous avons visité l’année dernière.

Selon Charles Cotton de la NRA, la faute en incombe au pasteur qui refusait le port d’armes dans son église. « Ces innocents sont morts à cause de sa prise de position dans un problème politique ».
« Eight of his church members who might be alive if he had expressly allowed members to carry handguns in church are dead. Innocent people died because of his position on a political issue.”

Obama a pris la parole, déplorant qu’il devait le faire bien trop souvent à son goût pour ce genre de raisons.

« At some point, we as a country will have to reckon with the fact that this type of mass violence does not happen in other advanced countries. It doesn’t happen in other places with this kind of frequency. And it is in our power to do something about it.”

Comme aurait dit Hamlet, « il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark »



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