Sophie 2.0

Lever de Soleil sur le Texas
Quand je lis un blog d’expat qui me plait, je me pose toujours la même question au bout d’un certain temps:« Ils sont là pour combien de temps? »
Même si de nos jours on insiste sur le fait que les hommes peuvent être les accompagnateurs, l’homme est souvent à l’origine de l’expatriation. La femme, elle, est souvent à l’origine du blog. 
La plupart des blogs d’expatriés que je peux vous citer comme ça, sans réfléchir, sont féminins. L’homme se cache quelquefois derrière les photos, les films ou la technologie, et des fois, il est juste le premier lecteur, celui que l’on scrute pendant qu’il lit le premier jet. Et que l’on engueule si il a le malheur de critiquer.
La plupart du temps, dans les blogs d’expatriés, on retrouve les articles concernant notre nouveau quartier, pays, état, on le décrit, on l’explique et on s’en plaint, on l’encense et on le descend. On explique pourquoi on l’aime, pourquoi on le hait, pourquoi on est parti, pourquoi on s’émerveille, pourquoi c’est différent et pourquoi c’est pareil. Pourquoi on regrette notre pays et pourquoi on est content de l’avoir quitté. 
Mais il y a une chose que l’on retrouve moins souvent. C’est pourquoi on y retourne dans notre pays.
Certains rentrent plus tôt, ils sont peu nombreux à l’avouer, mais des fois, l’expat, c’est dur. Il y a ceux qui sont déçus, qui sont malheureux, ceux juste qui ne s’y font pas.
Et il y a ceux qui doivent rentrer, juste rentrer, parce que c’est l’heure.
C’est vrai qu’il est rare que les expats claironnent à travers leur blog la date de péremption de leur voyage. C’est un peu tabou et personnellement je n’aime pas que l’on me pose la question. 
Ça renvoie à la fin de la parenthèse enchantée. Ça rend plus réel un moment que beaucoup redoutent. 
Pourquoi le retour fait tant frémir?
Pourquoi l’impatriation est-elle redoutée?
Pourquoi retrouver son pays serait-il un problème?
Tout d’abord difficile d’expliquer que l’on n’est plus vraiment la même personne que celle qui est partie quelques années auparavant. Que les années passées à l’étranger nous ont changé. Et pourtant, c’est le cas. 
Je suis partie de France dans une chaise roulante à cause d’une maladie dont je ne soupçonnais pas l’existence. Les crises de plus en plus longues et de plus en plus pénibles tout au long de ces années. Jusqu’à ce départ. 
Le départ pour le Texas.
Ma zone de confort
L’éloignement de tous les tracas et les peurs et les appréhensions qui  m’étouffaient ont changé la donne. Je me suis déchargée d’une partie de mes angoisses, je me suis prouvée que je pouvais dépasser mon stress. Je me suis débarrassée de ces chaines qui m’entravaient, de ces deuils impossibles à faire, de ces mauvaises influences qui m’empoisonnaient la vie et je suis née autre. Qui croirait qu’une zone de douane peut faire de tels miracles?
Coucher de Soleil sur le Boys Ranch
On parle beaucoup de cette fameuse «  zone de confort » ces derniers temps, surtout pour les expatriés. 
Avoir le courage de sortir de ce périmètre  que l’on connait et qui ne fait pas peur et s’aventurer un peu plus loin dans l’inconnu. Découvrir que l’inconnu est excitant et grisant. Ou plutôt, découvrir que l’on gère très bien l’inconnu et que l’on y prend plaisir. 
Une sorte de revanche sur toutes les fois où, plus jeune, à l’école, les profs me trouvaient trop sage, trop timide et surtout un peu trop dans les jupes de ma mère… Les voyages scolaires me faisaient pleurer, les boums m’horrifiaient, prendre la parole en anglais devant la classe me paniquait. J’admirais ces autres qui étaient à l’aise partout, n’avaient aucun complexe, ou du moins, en donnaient l’impression, travaillaient mieux, n’étaient jamais malades, et surtout jamais stressés.
Partir c’était aussi s’éloigner de notre appart, au pied duquel je m’étais faite agresser. Quelque chose d’absolument inimaginable dans mon quartier texan, trois mecs assis derrière ta porte qui te promettent de te faire la peau à tes gamins et à toi.
Ce départ, c’était la chance de se retrouver et de se reconstruire. Je me sens plus libre que je ne l’ai jamais été. Ma maladie s’est faite oublier et je cavale comme un lapin dans les grands parcs de l’Ouest. Ici, jamais personne ne m’a reproché de ne pas travailler et de n’être « qu’une femme au foyer en vacances toute l’année », qui devrait « définitivement se trouver un job ». Je parle dorénavant en anglais sans complexes, quelquefois trop fort, et les seuls que ça embarrasse sont mes deux traitres d’enfants, quand je fais une faute de prononciation! 
J’ai appris à tirer au 9mm et au 45 sans sourciller, et je suis plutôt bonne. Je conduis sur des autoroutes labyrinthiques à plusieurs niveaux, seule, je me perds et me retrouve sans même paniquer, tout ça en chantant à tue-tête! Je gère de mieux en mieux les alertes « tornade », et hier j’ai même fait une brioche en regardant le flash météo d’urgence. 
Je suis Sophie 2.0.
Comment expliquer que, oui, on est triste d’envisager le retour. Difficile à accepter pour ceux qui sont restés et sont, eux, ravis de nous voir revenir. Comment trouver les mots pour dire que la vie ailleurs est ce qui nous plait. Que goûter à l’ailleurs est bien un virus. Que ceux qui disent que lorsqu’on part une fois, on a du mal à revenir ou que l’on ne revient pas du tout. 
Le retour c’est comme un deuil. On abandonne ce qui est devenu notre nouveau chez nous. Moi qui pleurais quand il a fallu me séparer de ma première voiture… 
Hico
Hico, Texas
La France, c’était chouette de la quitter -pour toutes les raisons qui me sont personnelles et que j’ai citées plus haut- un peu comme une délivrance. C’était encore mieux de la retrouver comme une touriste, sous le Soleil estival, attendu par la famille et les amis, un peu comme le Messie! Aller dans les supermarchés pour faire des achats de calissons et de biscuits et avoir l’impression de rentrer dans la caverne d’Ali Baba. C’est en s’éloignant qu’on la trouvait encore plus jolie et plus attirante, la France. 
Revenir, c’est retrouver ce que l’on a connu la majeure partie de notre vie. C’est abandonner l’exotique inconnu et la découverte perpétuelle pour le goût fade du déjà-vu. 
Austin et son boardwalk sur le Lady Bird Lake
Austin et le Boardwalk sur le Lady Bird Lake
Le problème, c’est pas vous, c’est nous. C’est tout ce qui nous saisit, nous surprend, nous étonne à chaque instant que l’on vit ici et qui va disparaître de nos vies, un jour ou l’autre. C’est ce mantra que je me répète bizarrement à chaque fois que le quotidien est désagréable et pesant:  « -Hey, t’as les nerfs, oui! Mais t’as les nerfs au Texas!» et qui n’existera plus un jour ou l’autre. 
C’est le plaisir que j’ai d’entendre mes enfants parler en anglais couramment; le plaisir de regarder l’horizon et de voir des couchers de Soleil exceptionnels; c’est lutter contre le vent et observer des buissons « tumbleweeds » traverser la rue comme dans un film de John Wayne; c’est prendre la route du Sud et oublier que les virages existent; c’est marcher dans la nature et chercher des plantes vénéneuses inconnues; c’est aller dans l’Ouest et voir un mur d’orage avancer vers toi alors que le Soleil de plomb brille partout autour; c’est saluer mon voisin qui revient tous les jours du boulot avec un fusil à viseur et son pare-balles annonçant « Texas Ranger »; c’est déposer mon fils à son match avec son gant et sa batte et entendre les parents s’égosiller « Attaboy! » dès qu’un gamin touche la balle; c’est manger un barbecue, des black-eyed peas, des nachos et des jalapeños et avoir la bouche et les lèvres en feu pendant une heure; c’est s’émerveiller sur la highway dès que la skyline de Dallas ou de Fort Worth se découpe sur le bleu du ciel; c’est connaitre toutes les régions du Texas et savoir toutes les apprécier.
Le Texas, je ne le quitterai jamais vraiment, il restera en moi pour toujours. 
Le Capitole d'Austin
Le Capitole à Austin
« Je voudrais dire, dire, dire tout ce que je sais, tout ce que je pense, tout ce que je devine, tout ce qui m’enchante et me blesse et m’étonne ; mais il y a toujours, vers l’aube de cette nuit sonore, une sage main fraîche qui se pose sur ma bouche, et mon cri, qui s’exaltait, redescend jusqu’au verbiage modéré, à la volubilité de l’enfant qui parle haut pour se rassurer et s’étourdir… » Colette



23 thoughts on “Sophie 2.0”

  • Hi Sophie, j adore cet article. Je suis expatriation en Angleterre, pas très loin mais je me retrouve dans ce que tu dis en partie. Une fois partis, on a du mal à s' imaginer de retour au pays. Alors ici c'est pas exotique mais malgré tout moi aussi j' adore entendre mes enfants jouer en anglais, les emmener à l école (et moi même parce que je y travaille��) en pyjama ou en tenue de super héros pour les journées sans uniformes ou à l Halloween disco!
    On essaie demande voir où l'avenir pourrait nous porter, avec le rêve assumé que ce sera aux États-Unis un jour. (On se console en y allant en vacances dans ailleurs départ pour San Francisco et Las Vegas lundi matin après le Texas et le Nouveau Mexique l année dernière).
    Nous sommes là aussi pour le travail de mon homme et ce sera pour le suivre que nous repartirons. La vraie différence avec ta situation c'est que nous sommes bien dans notre vie en France malgré tout…
    Et oui, la question "et vous rentrez quand?" Est très très frequente et je ne sais toujours pas n'y répondre. ..
    Merci pour ton bel article Sophie 2.0

  • Merci Audrey. L'Angleterre, c'est peut-être pas exotique mais ça m'aurait bien plu aussi! Et puis, même sans avoir une distance énorme avec la mère patrie, on peut être dépaysé, se perdre, changer et y prendre goût, n'est-ce pas?
    Très bon voyage aux US!

  • très joli article qui m'a bien émue… je suis arrivée à Atlanta depuis 6 mois, j'ai le mal du pays, je suis dans un jour où la France me manque sans que j'ai non plus envie d'y retourner, je suis un peu perdue, c'est où chez moi ? ton article est très bien écrit et me parle vraiment. Profite bien du Texas que tu décris si bien ! Ludivine

  • Bonjour Sophie, j'aime lire ton blog car je vis aussi à Dallas depuis 4 ans et que j'aime ton sens de l'humour. Ce billet me touche particulièrement. Il y a 2 ans, la question était "stop ou encore". Nous avions la chance de pouvoir choisir. "Encore" l'a emporté. Depuis, l'effet vacances perpétuelles des premiers temps a laissé la place à la routine. Mais c'est une routine en Amérique et ton billet me rappelle quelle chance c'est de pouvoir vivre cette aventure. Cela fait des histoire à raconter.
    J'espère encore pouvoir lire quelques temps tes aventures au Texas.

  • Je suis de l autre cote du decor, je fais partie de ceux qui sont heureux que tu, vous rentrez. Bizzarement c est en t eloignant qu on s est rapprochee comme jamais. Vive cette parenthese enchantee qui n est pas forcement une fin en soi. La vie continue meme si ton retour te parait deja insurmontable. Souviens toi du depart de ton questionnement de tes premieres heures sur le sol americain. J ose l affirmer haut et fort et tres egoistement j ai hate que tu poses tes pieds sur ce foutu sol francais….ton aventure ne se termine pas elle est peut etre le debut d autre chose a qui tu dois laisser une chance aussi car comme tu le dis tu as change….Julia

  • Super texte Sophie !
    Pour moi, partir, c'est avoir la chance de découvrir, ouvrir son champ des possibles et son esprit. Et c'est une chance inouïe ! Et revenir, c'est re-découvrir son quotidien, son déjà-vu avec nos nouveaux yeux, nos yeux rafraîchis et plus ouverts.
    Pour ma part, j'avais un peu oublié la "découverte perpétuelle" avant d'arriver en Californie. 9000km, une météo plus clémente, des couchers de soleil quotidiens à tomber et de nombreux road trips plus tard, je pense maintenant que c'est possible partout. Chez nous, notre nouveau chez nous, notre futur inconnu ou connu chez nous.
    Partir permet de secouer un peu notre quotidien, d'en prendre conscience et de le prendre en main.
    Laura*

  • Dépaysée, un peu mais plus par les différences culturelles qui sont subtiles mais bien présentes ! Changée.. c'est certain. Toute la famille a changé, réellement et nous nous rendons compte à quel point les enfants sont forts! D' où notre envie de repartir!

  • On a nous aussi vécu ces périodes de sentiments ambivalents, genre "cul entre deux chaises". Finalement, on s'adapte et on avance. Surtout que tu m'as l'air très active et que tu fais beaucoup de rencontres. Et puis, la Georgie, quelle chance! On a adoré!

  • Bonsoir,
    Je découvre votre article grâce à un partage de Jolibonheur.
    "Il est souvent à l’origine de l’expatriation. La femme, elle, est souvent à l’origine du blog. " c'est tellement vrai !
    Bon moi mon mari il lit pas mon blog :'(
    Je n'aime pas cette question du retour aussi, perso on ne sait pas quand on rentrera ni SI on rentrera.
    Magnifique article, j'espère que votre aventure durera autant que vous le souhaitez 🙂

  • Wow, Sophie, j'ai failli y aller de ma petite larme… Tu as écrit avec le cœur, bravo, ça n'a pas du être facile de t'épancher ainsi. Tous mes vœux de succès dans ton impatriation.

  • Voilà un article qui me parle bien ..
    Il y a 5 ans, la gorge nouée et l'estomac un peu serré, je quittais la France avec ma tribu, direction le NJ … comme tu l'expliques dans ton article, ce n'était pas "'ma décision"' et je n'étais "'que"' le conjoint qui accompagne …
    A moi le blog, à lui une nouvelle vie professionnelle …
    Mais il n'a pas fallu très longtemps pour que cette nouvelle vie nous transporte, nous fasse grandir, nous donne cette sensation de ne plus jamais ressentir les choses de la même façon et nous donne l'impression que finalement tout est possible …
    Et puis, il a fallu rentrer, on a pourtant tenté de prolonger mais on était parti pour 3 ans et il a bien fallu tout remettre dans le container …
    Cela va faire 2 ans maintenant qu'on a reposé nos valises en France …

    Depuis j'ai parlé souvent de cette difficulté à retrouver cette France qui nous semble différente et que nous avons du mal à réapprivoiser …
    Evidemment, il y a les bons côtés: retrouver ceux qu'on aime, retrouver des habitudes de toujours mais la plupart du temps on regarde de l'autre côté de l'océan et on espère bien pouvoir à nouveau le retraverser …
    D'Ailleurs, c'est rigolo, si cela se faisait, ce serait peut être pour Fort Worth 🙂
    Affaire à suivre …
    Plein de bonnes choses pour ce retour….

  • Je vous souhaite de venir découvrir le Texas, un état qui gagne définitivement à être connu. Nos appréhensions et préjugés ont été vite balayés en arrivant ici. Je comprends que l'envie de repartir vous tienne, bonne chance!

  • "Revenir, c’est retrouver ce que l’on a connu la majeure partie de notre vie. C’est abandonner l’exotique inconnu et la découverte perpétuelle pour le goût fade du déjà-vu."….Mon mari me dit souvent "si on repartait, on ne serait plus spéciaux" et je pense que ca résume assez bien ce que tu dis. Repartir, ce serait dans notre cas (on vit ici depuis 16 ans) à la fois devenir moins "spéciaux" et aussi se réadapter comme si nous étions étrangers. On ne connait plus rien de la France de ces 15 dernieres années…..les administrations, la paperasse, tout a changé. La carte vitale n'existait pas quand on est partis. Alors, nous, avec une fille de 20 ans qui se sent américaine, je doute que nous repartions….

  • Arf il me parle ton article… Je suis partie à New York pour toutuntas de raisons genre les tiennes… Et j'en suis revenue parce qu'on m'y a obligée de manière prématurée… Ça fait un an. Un an que j'ai du mal à croire l'Homme quand il me dit que cette expérience on ne pourra jamais me l'enlever, parce que j'aurais toujours l'impression qu'on m'a enlevé le choix de continuer ma vie la bas.
    Bref, la on sort les mouchoirs toussatoussa
    On va pas en faire tout un plat, juste je voulais souligner le point du tabou du retour. J'ai fait durer au maximum du maximum le secret sur ma date de retour, par peur de perdre les amies que je m'étais faites la bas…
    Bref, c'était chouette merci pour l'article

  • Merci pour ton message. On a eu un sursis d'un an, le truc inespéré. On va donc avoir le temps de passer par le sas de décompression, genre préparer le retour et se faire à l'idée… On a eu clairement plus de chance que dans ton cas, un peu violent et rapide. Btw, ton blog me fait bien rire. J'ai vu que depuis ton we à Budapest, y'avait du nouveau, chouette!

  • Bonjour, je découvre ton blog via celui d'Ariana et je me régale à te lire. J'ai toujours rêvé d'expatriation. L'idée de passer quelques années, bien définies, dans un lieu étranger, de découvrir d'autres gens, une autre langue, une autre culture, tout en sachant que ce n'est pas pour toujours (courageuse mais pas téméraire) m'enchante. Je crains que cela ne soit pas possible, je n'ai pas un métier qui s'expatrie mais je continue à rêver. Et lors d'un séjour à New York à Pâques, moi l'introvertie, la réservée, la taiseuse, je me suis surprise à discuter en anglais avec tous ceux qui voulaient bien me parler ! La voisine, la maid, le cop et même la dame dans la rue avec un chien improbable !

  • Bonjour et merci pour ton commentaire, Yanne! Moi aussi, j'ai ressenti cette étrange envie de parler à tout le monde, peut-être parce que dans une autre langue, on a l'impression d'être quelqu'un d'autre!

  • Ton texte est magnifique et je m'y retrouve beaucoup. Accompagnante pour le boulot du mari qui fait le support technique de mes blogs! Je ne suis partie que dans le pays d'à côté mais n'ai pas envie de rentrer dans mon pays. Ni d'ailleurs de rester dans mon pays d'accueil car le monde est vaste et je suis impatiente de partir découvrir une nouvelle destination, un jour, peut-être, qui sait? En tous les cas tu arrives à coucher sur le papier beaucoup de sentiments que je partage. Quelle honnêteté aussi, juste waouw, chapeau!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *