Le Texas: cuisine et gastronomie (partie 5)


« The bicultural border cuisine called Tex-Mex is the most famous culinary hybrid in the state, but its not the only one. There are thirty-some ethnic groups in Texas, each one with its own folk foods and each one contributing to our statewide potluck. » 
Robb Walsh, writer and co-founder of Foodways Texas. 
Selon mon interprétation personnelle, ça dit qu’avec un mur entre le Mexique et le Texas, le Tex-Mex n’aurait jamais été aussi riche et varié, mais aussi que c’est l’immigration de plus de 30 groupes ethniques qui a permis à la gastronomie texane d’être ce qu’elle est aujourd’hui. 
Le chili en est la parfaite démonstration:
Le chili trouve ses origines dans un lointain ragoût Aztèque, et j’ai déjà abordé la présence dans certaines interprétations du chili, de paprika, épice phare du goulasch.
J’ai aussi découvert qu’une vague d’immigrants originaires des Canaries s’était établie du côté de San Antonio, Texas. Si tu cuisines un peu tu sais que le cumin est présent dans la cuisine d’Afrique du Nord jusqu’aux rives du Gange. Les premiers habitants des Canaries sont les Berbères et là, subitement, tu visualises le trajet du cumin à travers l’Atlantique jusque dans ton assiette de chili… dont il est un ingrédient incontournable. 
L’un de mes plats Tex-Mex préférés en road trip est les « huevos rancheros ». Il s’agit d’une purée de haricots écrasés grossièrement les « refried beans », sur lesquelles on a déposé une tortilla de maïs, deux oeufs au plat arrosés d’une sauce « red chile sauce» ou « green chile sauce » ou des deux si tu n’arrives pas à choisir. Dans ce cas, tu commandes des « Huevos rancheros Christmas » (rouge et vert, ça fait Noel!) et tout ça parsemé de dés de tomates, de coriandre fraîche et de fromage type fêta. C’est une tuerie gustative et si tu viens au Texas ou si tu vas au Nouveau Mexique, n’hésite pas à en commander!
Je dois aussi te dire que cette histoire de « yahoos » de Terlingua, abordée dans mon article « Texas cuisine partie 4 » m’a interpelée. Après recherches, il semblerait que Terlingua abrite un chili cook-off, une compétition internationale annuelle de chili. Tout s’explique! 
Apparemment, cette compétition se tient depuis les années 60 et a un succès fou. Les premières éditions ont été le théâtre de disputes, accusations et allégations de tricheries en tous genres. La discussion sur la présence des beans n’ayant fait qu’envenimer les choses. 
Competition de chili à Terlingua chez les « yahoos »

Je ne peux pas aborder la cuisine du Texas sans parler de la Dallas State Fair. Ceux qui l’ont visité, voient de quoi je parle et ressentent déjà les symptômes annonciateurs de la nausée.
La foire de Dallas se tient chaque année à l’automne et est le lieu de débauches culinaires que je suis incapable de défendre et de goûter et pourtant j’ai payé de ma personne pour ces articles. Il s’agit d’un concours de fritures improbables. Tout y passe: le Twix frit, le jello frit (gagnant de l’an dernier), cookies frits, tout ce qui se mange ou se boit, est irrémédiablement frit à un moment ou à un autre. Je passe mon tour définitivement. Mais si vous avez gouté à l’une des spécialités de la Dallas State Fair et avez survécu, laissez-moi un commentaire!
Comme tu vois, les plats déjantés ne manquent pas et si il y en a certains sur lesquels on a mis notre veto, il y en a un qui ne manque pas d’étonner à chaque fois que l’on en parle: le « beer can chicken ».
Très simple, le poulet entier vidé est posé sur une cannette de bière, que tu as bu préalablement jusqu’à la moitié, et mis à cuire sur un foyer indirect. La cuisson dure un peu plus d’une heure. On a prévu d’essayer. Je me demande dans quel état mon foie va rentrer en France. 
Au sujet de mon foie, je crois pouvoir affirmer que le prix de la meilleure margarita de Dallas Fort Worth va bientôt être décerné par le jury, composé de l’Homme et moi. 
Les finalistes sont:
La margarita à l’avocat de Meso Maya dans Downtown Dallas
La margarita au jalapeño de Malai Kitchen à Southlake

Il nous reste encore une petite visite à rendre à El Fenix, dans Downtown, je te tiens au courant évidemment. Il s’agit d’un resto mexicain qui existe depuis des décennies. Un truc de famille. M’est avis qu’ils doivent en connaitre un rayon sur la tequila… 

La prochaine fois, je te propose de passer au dessert. 

En attendant, je ne résiste pas à l’envie de partager une photo de mon dernier chili. A droite, le « North of the Border » AVEC BEANS, et à gauche, le « Bowl of red ». Le manager du Tolbert’s, Steven Ryan dit de son « North of the Border » que son grand-père le détesterait d’avoir mis des haricots dans son chili. 

Un « Bowl of red » et un « North of the Border »



4 thoughts on “Le Texas: cuisine et gastronomie (partie 5)”

  • L'histoire du cumin dans le chili, je ne connaissais pas du tout! C'est fou comme l'immigration peut influer sur les traditions… jusque dans la nourriture! Pour le poulet, "beer can chicken", ton foie ne risque pas grand-chose avec ça, car l'alcool s'évapore… par contre c'est délicieux! Je connaissais un chef qui le préparait de cette façon! Le goût que donne la bière à la chair est juste magnifique… un peu sucré et fumé la fois! Et pour les huevos rancheros, je connais et j'adore vraiment! La seule chose, je ne suis pas fan des deux sauces! Je préfère presque manger sans sauce, ou très peu… quand ça baigne dedans, la tortilla est immangeable à mon goût! Elle perd sa texture et sa bonne odeur de maïs…

    Autrement ça fait du bien de te lire, et ces derniers temps, pas un jour je ne cuisine sans les piments que tu m'as envoyé! C'est que du bonheur! Vraiment merci encore mille fois!

  • Moi aussi ca fait des annees que je veux essayer le beer can chicken! Je ne savais pas que c'etait Tex-Mex! Quant aux huevos rancheros, ou en tout cas les platees de beans, ca me transporte illico dans les westerns 😉

  • Merci Thècle! Tu nous as encore plus motivé pour le beer can chicken, on va essayer ça. Je suis super contente que tu apprécies les piments: si tu essayes un chili, tu dois me raconter!

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